Coup de cœur : le Château des animaux de Xavier Dorison et Felix Delep

Une magnifique bande-dessinée qui revisite "La ferme des animaux" de George Orwell.

Publié le mar, 05/01/2021 - 11:00

  • Share this page on Facebook
  • Share this page on Twitter
  • Envoyer à un ami

Les humains sont partis, on ne sait trop où ni pourquoi. L’occasion pour les animaux, seuls habitants, de construire une nouvelle société, plus juste, plus libre. Malheureusement,  les sociétés rêvées et celles mises en place sont souvent bien différentes les unes des autres. Dans le château des animaux, ce sont les plus forts qui ont pris le pouvoir. Cette  « république » est dirigée le taureau Silvio sous le pretexte que la basse-cour ne peut se défendre seule des attaques de loups et autres menaces de l’extérieur. Les plus faibles sont alors condamnés à s’acquitter de tâches lourdes et pénibles pour le « bien commun » sous la surveillance de crocs acérés.  Pendant ce temps, bovidés et canidés se gavent dans l’enceinte du château ou bien pratiquent la saillie sur un lit à baldaquins. 

Cependant, si dans La ferme des animaux la révolution se  termine mal, Le château des animaux se démarque de sa source d’inspiration par un certain optimisme. Cette fois la révolution va pouvoir aboutir. Ainsi face au tyran, un vieux rat prend le rôle d’un Gandhi et va, à l’aide d’une chatte mère isolée et d’un lapin gigolo, insuffler aux opprimés un vent de révolution non violente et apporter la première arme de destruction massive des dictatures : la vérité.

Les dessins de Felix Delep (jeune auteur dont c’est la première bande-dessinée) apportent une incroyable puissance au récit, appuyant l’anthropomorphisme dans un magnifique réalisme qui captive le lecteur et le pousse à une empathique identification. C’est une splendide réussite pour ces deux auteurs. 

 « Le premier ennemi que l’on doit combattre, c’est soi-même. Car, Moi le premier, lorsque je suis agressé, je réponds par l’agression, verbale bien entendu. Cette démarche de la non-violence implique donc un vrai travail sur soi » déclarait Xavier Dorison ce qui me donne envie de conclure en rebondissant sur une phrase du regretté rappeur Népal :

 « Est-ce que si j'reçois d'la violence, j'la redistribue 

Ou bien j'consolide mon armure pour stopper la dégradation » Népal – En face (sur l’album Adios Bahamas). Pour écouter l'album

 Le Château des animaux est une bande-dessinée  passionnante, sociale et politique, que l’on ne peut s’empêcher de trouver terriblement actuelle. 

N’hésitez pas à la découvrir dans vos médiathèques 

 

Auteur du contenu: 
Solenne
  • Share this page on Facebook
  • Share this page on Twitter
  • Envoyer à un ami